Oubli ? | Changer ?
 
 
 
 
 
 
 
 

Rencontres à LOMÉ

Rencontres de Consensus : Quelles Stratégies de management et de Coordination des Réseaux intégrés des

 

Urgences, des Catastrophes et de Veille Sanitaire en Afrique.

 

 


 

Objectifs :

 

  • Renforcement des capacités locales, de formations et de prise en charge sur place intégrée et coordonnée des urgences vitales, de la douleur aiguë (du post-opératoire, du VIH, de la drépanocytose et du cancer) et des vigilances sanitaires en Afrique.
  • Formation des formateurs et des principaux acteurs de la Médecine d’Urgence, mettant un accent particulier sur la médecine pré-hospitalière (Médicalisation des Sapeurs- Pompiers, premiers secours et mise en condition d’évacuation (EVASAN).
  • Programme d’Évaluation et de suivis périodiques d’indicateurs et performances aux fins de réajustements conditionnant la pérennité des projets.

 

Public :

 

Partenaires Publics, Privés, Institutionnels, Humanitaires et Associatifs Nord-Sud et Sud-Sud.

 

Après la cérémonie d’ouverture du lundi 12 février 2007, plusieurs conférences scientifiques ont démarré le forum. La première relative à la prévention et gestion du risque en Anesthésie-Réanimation et Médecine d’Urgence a permis, à partir des expériences africaines rapportées par le vice président de la SARANF le Professeur R. TCHOUA et française par le représentant de la SFAR le Docteur J.P. BELLE FLEUR, de constater :

  • Une pénurie de personnel médical spécialisé en anesthésie réanimation, laquelle influence la disponibilité d’un plateau technique adéquat et la prise en charge qualitative des patients. Les unités de réanimation et les services d’urgence sont la vitrine d’une unité de soins et méritent donc une attention particulière avec la promotion de la formation des spécialistes dans ces domaines.
  • Le vice président de la SARANF a rappelé les recommandations de la société sur la pratique anesthésique parmi lesquelles la nécessité d’un chariot d’urgence et l’oxymètre de pouls comme éléments incontournables de monitorage minimal.

Au cours de ces journées de Lomé, conférences, ateliers et tables rondes ont été animés par les experts.

 

Les ateliers portaient respectivement sur : l’arrêt cardiorespiratoire (ACR), le chariot d’urgence, l’intubation difficile (ID), l’anesthésie locorégionale, le traitement local de la brûlure.

  • L’arrêt cardiorespiratoire, le chariot d’urgence et l’intubation difficile. Au cours de cet atelier qui a réuni une quarantaine de participants, ceux-ci ont pris connaissance des nouvelles recommandations à partir d’un cas clinique sur l’ACR, et ont admis la nécessité d’un chariot d’urgence dans nos établissements de santé pour assurer la prise en charge rapide et efficace des patients et d’autres urgences vitales. Par ailleurs les congressistes ont bénéficié d’une phase pratique sur l’ID par manipulation des divers instruments sur mannequin.
     
  • L’atelier sur l’anesthésie locorégionale a drainé aussi un grand nombre de participants et a abouti à la formation de ces derniers à l’utilisation d’un neurostimulateur et à la pratique de deux techniques qui permettent de pratiquer la chirurgie du membre supérieur et de la hernie inguinale sans endormir le patient. De telles pratiques doivent être vulgarisées en raison de leur facilité d’apprentissage, de leur moindre coût et de leur plus grande sécurité pour le patient, d’où la nécessité de formation des praticiens en anesthésie et la mise à leur disposition d’un plateau technique peu onéreux.
     
  • L’atelier sur le traitement local de la brûlure a mis l’accent sur l’importance du respect des règles d’asepsie et d’hygiène hospitalière permettant de réduire l’incidence et la gravité des infections nosocomiales préjudiciables aux grands brûlés.

 

Plusieurs tables rondes étaient également de la partie parmi lesquelles :

 

La table ronde sur la sécurité transfusionnelle

 

Après la présentation par le directeur du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) des activités de son centre, les participants ont apprécié les progrès remarquables réalisés par ce centre en terme de disponibilité et de la qualité des produits sanguins labiles. Plusieurs témoignages ont rapporté de nombreux cas de difficultés de prise en charge des patients en raison des limites financières plus particulièrement dans les situations d’hémorragies obstétricales et des anémies pédiatriques. Il a été proposé une participation urgente et salvatrice des institutions publiques et privées de façon à rendre les produits sanguins labiles (PSL) accessibles à une plus large population par sa gratuité. Aussi dans le souci de faciliter, l’accessibilité, il a été suggéré de rapprocher les PSL des bénéficiaires par la création des banques de sang régionales dans les plus grandes structures sanitaires du Togo. Aussi, dans le but d’assurer la pérennité du centre, il est important de promouvoir les dons de sang par des mesures incitatives directes ou indirectes. La mise à disposition dans les officines de fer veineux et si possible d’érythropoïétine est indispensable pour constituer une alternative aux produits sanguins labiles.

 

La table ronde sur la pénurie de personnel qualifié

 

Elle a permis de faire les constats suivants :

  • Départ du personnel en particulier des médecins à l’étranger ;
  • Importantes disparités régionales avec une forte concentration des professionnels de santé dans la capitale au détriment des autres régions du pays ;
  • Problème d’affectation du personnel qui ne tient pas compte des équilibres préexistants ;
  • Absence de remplacement des départs à la retraite
  • Absence d’un programme de formation continue des professionnels de santé et difficulté d’intégration des personnes formées dans le circuit de la fonction publique ;
  • Les propositions suivantes, s’inscrivant toutes dans la durée, ont été faites :
  • Création d’une assurance maladie obligatoire pour tous les fonctionnaires et vivement conseilléepour les autres salariés ; Les compagnies d’assurance et la caisse nationale de sécurité sociale doivent contribuer à l’équipement des services hospitaliers de référence du pays à hauteur de 25 à 30 % de 10 la cotisation annuelle de chaque adhérent afin d’augmenter les chances d’une bonne prise en charge de leurs contribuables en urgence ;
  • Établissement d’un plan de carrière des professionnels de santé ;
  • Incitation à l’installation à l’intérieur du Togo par des mesures d’ordre logistique relatives aux facilités de logement, en particulier pour le personnel de santé ;
  • L’assemblée encourage en outre les professionnels de la santé à être représentés au parlement pour mieux défendre leurs causes ;
  • Encouragement d’un minimum de service civique national ;
  • Encouragement et mobilisation du secteur privé à but lucratif ou d’intérêt public ;
  • Planification de la formation en fonction des priorités établies par les autorités sanitaireset universitaires du pays ;
  • Conventions de Partenariats de Formation et d’Échanges professionnels Nord-Sud et Sud-Sud pour un renforcement des capacités locales de formation et de prise en charge sur placedes Urgences vitales.

Une autre table ronde portait sur les obstacles à la recherche clinique en Afrique

 

La recherche clinique n’est qu’à ses débuts en Afrique où la plupart des universités ont vu le jour dans les années 1970. La part africaine à la recherche clinique dans le monde est extrêmement faible. Cette faible production résulte d’un contexte caractérisé par une insuffisance en ressources humaines, matérielles et financières. Cependant, de tous les facteurs entravant la recherche clinique, ceux touchant au comportement et à la culture semblent les plus importants : chape de plomb communautaire liée à la structure holiste de la société, primauté de l’affect sur la raison, exploitation abusive du droit d’aînesse, poids de l’oralité avec comme corollaire une imparfaite adhésion à la civilisation de l’écriture, poids du sacré, du fatalisme et de la magie, et tendance au conformisme. Il résulte de ce constat que l’amélioration de la production africaine en matière de recherche clinique passe nécessairement par un ajustement culturel et comportemental prenant en compte quelques atouts et potentialités africaines. D’une manière générale, un tel ajustement semble indispensable à tout processus de développement avec la nécessaire collaboration entre médecine moderne, médecine et pharmacopée traditionnelles au sein de Comités d’Éthiques mixtes, pluridisciplinaires et indépendants.

 

Table ronde sur comment organiser un service ?

 

un Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) un Service d’Aide Urgente (SAU) et un service de réanimation a permis de proposer une activité en pôle associant les professionnels de santé, les pompiers, la police, la croix rouge pour ce qui est du SAMU, et la création des services polyvalents d’urgence ou de réanimation qui ont l’avantage de l’efficacité des soins par le regroupement des compétences.

 

Cette proposition peut être étendue aux structures sanitaires et permettre ainsi la mise en place de stratégies de pôles d’excellence aussi bien de prise en charge que de la formation des acteurs de la médecine d’urgence : pôles de complémentarité inter-hospitaliers et ville-hôpital ; diplôme d’Évacuations et Transports Sanitaires.

 

Plusieurs communications scientifiques ont marqué la journée du jeudi 15 février 2007 avec 25 conférenciers toutes spécialités confondues (pédiatrie, chirurgie, gynécologie-obstétrique, anesthésie réanimation) relatant chacun leurs pratiques quotidiennes. Plusieurs points ont permis de constater une amélioration des pratiques par rapport aux années antérieures mais de nombreux progrès restent à faire en terme d’amélioration du plateau technique et de la qualification du personnel. Les communications sur la fréquence des intoxications médicamenteuses pédiatriques et adultes ont montré la nécessité de création d’un centre de pharmacovigilance doté d’un laboratoire de toxicologie. Celle sur la prise en charge des urgences en général recommande la réorganisation des services d’urgence et de réanimation sous la forme d’urgence ou de réanimation médico-chirurgicale avec regroupement des personnels qualifiés plutôt que leur répartition disparate d’emblée vouée à l’inefficacité.

 

L’intérêt de l’échographie l’échographie comme technique d’exploration non invasive aux urgences et en anesthésie-réanimation a été souligné, avec nécessité de formation des médecins à un Diplôme d’Échographie d’Urgence.

 

Le vendredi 16 février 2007 de 15 à 16 heures l’équipe d’ophtalmologistes de retour de Kara, a présenté des conférences sur : les urgences ophtalmologiques au Togo : l’état des lieux et la conduite à tenir. Un échange fructueux a mis fin à ces conférences.

La cérémonie de clôture a été présidée par Monsieur le Ministre d’État, Ministre de la Santé, le Professeur Charles Kondi AGBA, en présence du Doyen de la Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie de Lomé, le Professeur Gilbert K. N’DAKENA, du Secrétaire Général de la SARANF, le Professeur N. OUEDRAOGO ainsi que des représentants de la SFMU, le Docteur J.L. DUCASSE et de la SFAR, le Docteur J.P. BELLE- FLEUR, des responsables de la CIMU et de la CIMUA-TOGO.

 

 


 

CONCLUSION

 

Ce constat doit déboucher sur un important travail de sensibilisation et d’information en matière de ressources humaines avec un accent particulier pour la formation des acteurs de la Médecine d’Urgence depuis le secouriste de base au personnel médical en passant par le personnel paramédical, médico-technique, administratif et de soutien. L’ENSEIGNEMENT DES TRANSPORTS ET ÉVACUATIONS SANITAIRES prenant en compte tous les maillons de cette chaîne de survie s’intéressera notamment aux médecins, aux logisticiens, aux personnels de maintenance sans oublier les ambulanciers et brancardiers-secouristes des secteurs publics, privés, associatifs et des forces armées dans une stratégie de réseaux intégrés et de synergie civilo-militaires.

La formation des autres maillons de la chaîne pourrait se concevoir à moyen et long termes au sein d’une École Inter-africaine de Médecine d’urgence, des catastrophes et des vigilances sanitaires (EIAMUC-VISA) dans le cadre d’un plan décennal avec des bilans d’étape et évaluations périodiques en vue des réajustements qui s’imposent.


Ainsi, Urgences, Catastrophes, SIDA, Paludisme, Drépanocytose, Tuberculose constituent un même combat pour la CIMU. Il ne saurait y avoir une prise en charge sur place de ces priorités sans développement de la médecine d’urgence, de l’assurance maladie et du système d’accès aux soins en termes de formation et de prise en charge sur place des urgences vitales.

 

La coopération étroite avec les médias, les artistes et le monde sportif s’avère très précieuse, salutaire et solidaire de cette vaste caravane pour la vie au même titre que l’engagement des pouvoirs publics, privés, institutionnels et associatifs.

 

Pour cela une stratégie collégiale doit être définie pour faire aboutir les projets suivants :

  • Réhabilitation des CHU de Kara et de Lomé : au sein des pôles de complémentarité interhospitalière et ville-hôpital : Fédérations d’Anesthésie-Réanimation, Urgences et Douleur (FARUD) aussi bien à Lomé qu’à Kara.
  • Réhabilitation de l’École d’Assistants Médicaux de Lomé
  • Réhabilitation du Centre de formation et de maintenance biomédicale de Lomé
  • Concrétisation du projet ESTHER (Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique en Réseau dans la lutte contre le SIDA)
  • Convergence de Partenariats de Formation et d’Échanges Professionnels entre l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le projet ESTHER et les Hôpitaux du Togo, avec développement de Pôles d’Excellences pour l’Anesthésie-Réanimation et les Urgences Médico- Chirurgicales : digestives et gynéco-obstétricales, traumatologiques, ophtalmologiques, urologiques, avec le concours des experts respectifs, notamment le Professeur Yves OZIER pour l’Anesthésie-Réanimation, le Professeur Bernard DEBRÉ pour les Urgences Urologiques.

 

Cette stratégie de Réhabilitation ne saurait aboutir sans le soutien de la Communauté Internationale dans le cadre d’une Coopération décentralisée et d’un Partenariat multilatéral, public, privé, institutionnel et associatif Nord-Sud et Sud-Sud.

 


 

REMERCIEMENTS

 

Ces journées ont bénéficié du soutien scientifique des sociétés médicales savantes : la Société d’Anesthésie-Réanimation d’Afrique Noire Francophone (SARANF), la Société Française d’Anesthésie-Réanimation (SFAR), la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU), la Société Française de Médecine de Catastrophes (SFMC), la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF). Le soutien financier et logistique du Gouvernement Togolais, de la Société DJOCOTRANS SILOE du TOGO, du Comité de Solidarité Scientifique de la SFAR, de la SFMU, de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, du Centre Hospitalier de Châteauroux, de la Division Humanitaire d’Air France, ainsi que des Laboratoires suivants pour la Mission d’Ophtalmologie : laboratoires AMO, ALCON, PHYSIOL, ETHICON, BECTON DICKINSON, MORIA, ANIOS, CARDINAL-HEALTH, BAUSCH & LOMB, COLOPLAST.

 

Nos Remerciements vont

  • Au chef de l’État Togolais,
  • Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE et son Gouvernement
  • L’Ensemble du Comité d’Organisation et des Partenaires ci-dessus cités, notamment Monsieur Frank SESSOU Directeur Général de DJOCOTRANS, le Professeur Claude MARTIN, président de la SFAR, le Docteur Patrick GOLDSTEIN, président de la SFMU, les Médecins Généraux René NOTO et Jean-Pierre CARPENTIER respectivement président de la SFMC et Chef de Mission SFMC et SFAR à Kara, le Professeur Antoine BREZIN chef du service d’Ophtalmologie de l’hôpital Cochin, le Docteur Dominique MONNET, chef de mission d’Ophtalmologie et tous ses collaborateurs, Monsieur Lionel DESMOTS, Directeur Général du Centre Hospitalier de Châteauroux, Madame Mireille QUEILLE, Chef de la Division Humanitaire Air France, madame Monique GUINOT, Directeur de l’École des Infirmiers Anesthésistes de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP)… et la liste est non exhaustive.

Nos remerciements vont également à tous les membres bienfaiteurs qui quotidiennement sans tapage médiatique apportent une contribution très précieuse à l’aboutissement des projets de la CIMU.

 
Dernière modification : 30/06/2015